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L'article incriminé

Sujet: annulation transju 48

Étrangement cette année il n'a pas été demandé aux populaires de raconter leur « Transju' ». Aussi, puisque j'ai fait partie des 658 clampins désabusés qui sont restés en bord de piste, je prends la liberté de ces mots simples et précis, pour dire la préparation, l'attente, l'incompréhension, les larmes, la frustration aussi.
Ce dimanche matin, nous étions environ 80 dans le cabanon du montagnard aux Rousses à nous tenir chaud comme des pingouins, et accessoirement à retirer notre dossard. Sauf que la capacité d'accueil du chalet doit être de maximum 30 personnes, sans compter les bénévoles.
Donc, débarquez deux fois 60 personnes (2 bus) dans la neige deux heures avant le départ, que font-ils ?
Alors on s'organise comme on peut, on fait des rotations, on apprécie finalement la taille rétrécie du sac vestiaire car nettement moins encombrant !!
Il y a une bonne ambiance, chacun raconte sa préparation, un peu pour tout le monde pareil : une semaine à manger des pâtes, au point d'améliorer l'index glycémique de toute la famille. Une semaine à ne pas trop boire d'alcool, ou alors juste une petite bière. Une semaine à étudier les schémas météo toutes les heures et de son évolution dépendra notre humeur (les collègues n'en peuvent plus, Evelyne Dhéliat sors de ce corps).
À 9h30, dernière chance d'augmenter son glycogène hépatique en savourant bananes, barres de céréales, gâteaux de riz et autres boissons énergétiques.
À 9h40, coup de tonnerre : il faut redonner le transpondeur que l'on vient d'installer avec application sur sa cheville. Décision préfectorale : trop de vent !
Et pendant ce temps, poussés par ce même vent, on admire les 68km glisser allègrement en direction de Bois d'Amont et du Risoux, c'est incohérent !
Je vois des larmes dans les yeux de certaines concurrentes silencieuses, je vois du dépit dans le regard de certains venus quand même chercher leur enveloppe kraft vide, plus de transpondeur et même plus de bonnet (ça c'est le pompom).
Je vois de l'agacement dans les propos de certains autres, je vois beaucoup de frustration, le renoncement est douloureux : « pas maintenant », « c'est une blague ».
On peut nous faire croire beaucoup de choses, mais qu'un épicéa soit pétri d'assez d'astuce et de discernement pour contrôler sa chute et tomber sur les concurrents du 48 exclusivement, ça c'est l'overdose !
Voilà, cette fois c'était la dernière? De la 40ème, je garderai le merveilleux souvenir d'une blanche hermine traversant juste devant mes phares à 7h en allant prendre le bus à Mouthe.

fififanlafiz le 13/02/19